
Comme Orphée je joue sur les cordes de la vie la mort, et de la beauté de la terre, et de tes yeux qui règnent sur le ciel, je ne sais dire que de l'obscur. N'oublis pas que toi aussi, soudain, ce matin-là, alors que ta couche était encore humide de rosée et que l'oeillet était endormi sur ton coeur, tu vis le fleuve obscur qui passait près de toi. La corde de silence tendue sur la vague de sang, je saisis ton coeur résonnant. Transformée fut ta boucle en cheveux d'ombre de la nuit, des ténébres les noirs flocons enneigèrent ton visage. Et je ne t'appartiens pas. Tous deux à présent nous nous plaignons. Mais comme Orphée je sais du côté de la mort la vie et pour moi bleuit à l'horizon ton oeil à jamais fermé.
